Découvrir la forêt et les montagnes de Xuân Son lors d’une journée ensoleillée à la mi-juillet a été pour nous une chance. Dès les premiers tronçons de sentiers serpentant à travers les montagnes, les paysages nous sont apparus comme magnifiques. Montagnes et forêts vierges dominant des champs de riz verdoyants…

 

 

La « forêt en or »

Le Parc national de Xuân Son, relevant du district de Tân Son, province de Phu Tho, est à 120km de Hanoi à l’ouest et à 33km du chef-lieu de Thanh Son. C’est en 2002 qu’il a été officiellement établi. Dinh Tân Quyên, un cadre du parc: « Le Parc national de Xuân Son est fier d’abriter la dernière forêt primitive sur montagne calcaire, avec 15.048 ha. La faune et la flore ici sont extrêmement abondantes et uniques : 1217 espèces végétales, dont 40 rares et inscrites dans le Livre Rouge du Vietnam ». À une altitude de plus de 1000 m, avec un environnement humide toute l’année, le parc national est propice au développement d’espèces pérennes telles que cinnamomes, diptérocarpus blancs du Tonkin, chênes… En particulier, il y a des arbres millénaires dans les hameaux, protégés par les habitants. Xuân Son abrite 665 espèces de plantes médicinales et 132 d’arbres fruitiers ou des légumes. Le climat est approprié pour le développement du melientha, une plante précieuse, ressource économique importante pour les habitants car toutes les parties peuvent être consommées ou utilisées comme médicaments.

 

Le Parc national de Xuân Son abrite également de nombreuses espèces animales avec pour l’instant 880 espèces recensées. Beaucoup d’animaux rares et précieux se trouvent dans ces forêts, comme le pangolin jaune, l’écureuil volant…

 

Avec sa faune et sa flore variées, beaucoup de gens considèrent Xuân Son comme une « forêt en or » située à la pointe méridionale de la chaîne de Hoàng Liên Son. En vue de découvrir sa beauté, les visiteurs doivent se réserver plusieurs jours de marche. Pour ceux qui aiment la nature et l’aventure, Xuân Son est une destination idéale. Il y a non seulement des falaises abruptes, de hautes montagnes, mais aussi de nombreuses grottes, cascades, ruisseaux… favorable au développement de l’écotourisme.

Les grottes sont grandioses, les plus célèbres étant Lang, Génie de la Terre, Na… cachées au plus profond de la forêt. Les cascades sont également nombreuses, avec notamment une chute d’eau de neuf paliers. La province de Phu Tho concentre ses investissements dans ce parc pour le transformer en une zone touristique majeure avec la construction de téléphériques, de chemins menant aux grottes…

Paysages de forêts et de montagnes, Xuân Son fascine les touristes. Dans la lumière vaporeuse de l’après-midi se découpent les 3 sommets culminants de Xuân Son: les monts Ten, Cân et Eléphant. Les gens d’ici racontent encore que beaucoup de photographes sont restés ici des mois. En hiver, un épais brouillard règne tout le temps.

Peu de gens savent que dans ces vastes forêts vierges, il n’y a aucun établissement de garde forestier. C’est le seul parc national sans aucun forestier. Le Comité de gestion des forêts comprend 40 cadres. Ils ont souvent plaisanté: «Nous sommes des forestiers sans uniforme, sans fusils ni lampes de poche !». Ce qui compte, c’est que ces 10 dernières années, aucun incendie n’a eu lieu. L’abattage des arbres, la déforestation, la chasse sont terminés. Pour un tel succès, il faut souligner les mérites du personnel travaillant dans le parc national qui a organisé des rencontres avec les habitants locaux pour les sensibiliser à la nécessite de préserver le site.

 

Protection des forêts et développement local

Pham Van Long, directeur du Parc national de Xuân Son, a confié: «Au début de la création du parc, les difficultés étaient nombreuses, on voyait partout des travaux à faire. L’important, est d’avoir un amour profond pour les forêts. Plus on vit dans la forêt, plus on l’aime. Dans les années 1991, 1992, toute la zone n’avait ni chemins carrossables ni réseau électrique ou d’eau. C’était le temps de la pénurie alimentaire, le personnel de la forêt participait aux travaux champêtres avec les habitants pour avoir de quoi manger, plantait des légumes et élevait des poulets…». En 20 ans, le directeur Pham Van Long a des amis dans chaque hameau… En dépit de nombreuses difficultés, tout le monde est désormais déterminé à protéger Xuân Son.

En 2003, un an après la fondation officielle du parc national, une route asphaltée reliant la Nationale 32 à Xuân Son a changé la vie ici. Cet axe a contribué à de nombreux projets du parc et créé des conditions pour améliorer la vie des habitants. Typiques sont les projet DANIDA (« développement économique pour les personnes vivant dans les zones tampons des parcs nationaux »), AFAP (« renforcement des capacités de conservation dans le Parc national de Xuân Son et dans certaines communes de la zone tampon »). Ces projets ont changé la vie des gens d’ici en les aidant à développer des modèles économiques efficaces tels que élevage des coqs à plusieurs ergots, des porcs-blaireaux (croisement entre sanglier et cochon domestique), la culture du melientha. Auparavant, les gens ne s’intéressaient pas aux coqs à plusieurs ergots que l’on appelle aussi «coqs à neufs ergots». Depuis l’achèvement de la route menant au parc, beaucoup de personnes d’autres régions et de Hanoi sont venues acheter cette race locale, ce qui a encouragé les habitants de Xuân Son à développer l’élevage.

Dans la zone tampon, on compte neuf hameaux de 7 communes : Minh Dài, Xuan Dài, Kim Thuong, Tân Son, Laï Dông, Dông Son et Kiêt Son, avec un total de 615 familles et 2771 habitants, essentiellement d’ethnies Dao et Muong. Bien qu’ils vivent proche de la forêt, les gens ont abandonné la culture sur brûlis. Des cours de formation pour les habitants sur la protection des forêts, le reboisement et le développement de l’économie familiale sont organisés tous les mois et sont appréciés des habitants.

 

«Nous sommes très reconnaissants envers le personnel du Parc national. Grâce à eux, on ne détruit plus la forêt, nous savons développer l’économie familiale, nos enfants vont tous à l’école», a déclaré Triêu Van Khang, du hameau de Coï, le plus reculé du parc. Sa famille élève 200 canards, poulets et coqs, rapportant chaque année plusieurs dizaines de millions de dôngs.

Protéger la forêt est difficile. Mais faire en sorte que les habitants n’ont pas faim, c’est encore plus difficile. Le directeur Pham Van Long a confié: «Nous avons toujours présent à l’esprit que si les habitants ont une vie aisée, les forêts seront préservées ». Pour avoir des forêts comme aujourd’hui, les cadres du parc national ont dû non seulement être de bons gestionnaires mais aussi gagner la confiance des gens d’ici.

Source VNP

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Tommy Ngo

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